lundi 9 juin 2014

Julien Compagne, percussionniste et compositeur

Qui n'a jamais voulu taper sur des grosses timbales d'orchestre ou sur une grosse caisse? Il y a deux ans j'ai voulu concrétiser mon rêve de petite fille de taper sur des gros tambours.  J'ai fait la connaissance de Julien Compagne chez Timpano-percussion sur Rachel où j'ai pris un cours de timbale. J'y ai eu aussi l'occasion d'essayer toutes sortes d'instruments de percussion. J'ai voulu en savoir plus sur lui et le métier de percussionniste, j'ai donc repris contact avec Julien.

Interview de Julien Compagne, percussionniste multigenres et compositeur, réalisée au café "Les Empotheuses" de la rue Beaubien, à Montréal.

Qu'est-ce qui t'a attiré à venir au Québec?

Julien: Je suis d'abord venu en échange pour un an. Je voulais découvrir quelque chose de différent. En France, chacun de mes professeurs de conservatoire me disait: "là tu te concentres juste sur une chose et tu feras ça toute ta vie." Je ne pouvais pas par exemple faire de l'écriture tout en étant instrumentiste. Ça a été ça qui a été incroyable quand je suis arrivé ici c'est que là, d'un seul coup, on m'a expliqué que: "ah, tu veux faire du jazz, ah oui, tu veux faire aussi de l'écriture, ben oui vas-y fait!" Ici, les gens sont beaucoup plus polyvalents et cette hybridité correspondait à qui j'étais, je voulais faire plusieurs genres de musiques, sans être obligé d'expliquer pourquoi je voulais faire des choses différentes.

Est-ce qu'il y a un professeur particulier qui t'a marqué?

Julien: Oui, il y a eu plusieurs professeurs dont Robert Leroux qui était professeur de percussion titulaire à l'Université de Montréal et honnêtement si Robert Leroux n'avait pas été dans ma vie, je ne ferais pas de percussion aujourd'hui. Il m'a amené une autre vision de la percussion que je ne connaissais pas.  Il a donc été mon mentor mais pas juste musical, ça a été quelqu'un qui m'a influencé dans la manière de penser, de me découvrir artistiquement.
Après ça y'a eu Louis Carbonneau pour les timbales, c'est quelqu'un qui était obsédé par la sonorité, la manière de faire sonner l'instrument le mieux possible puis il a développé chez moi cette sensibilité, cette manière dont on sculpte le son avec chacun des instruments.
Y'a eu aussi Paul Picard avec qui j'ai étudié les percussions "pop" qui lui était vraiment dans l'arrangement. C'était telle sonorité va bien se marier avec tel instrument, et on va le jouer à tel endroit, parce que si je le joue là, ça va entrer en conflit avec un autre instrument. Donc c'était de rajouter la chose qui manquait là, un peu comme un peintre qui va dire qu'il manque un peu de rouge à tel endroit. Ma préoccupation est donc passée à quelle couleur je peux en tant que percussionniste amener au son de l'artiste.

Est-ce que tu as des projets sur lesquels tu travailles en ce moment?

Julien: Dans la musique contemporaine, il y a deux projets principalement que je fais. Il y a l'ensemble de percussion Sixtrum: c'est l'exploration de la percussion contemporaine sous toutes ses formes, c'est un peu du théâtre, c'est un peu de la musique électronique. C'est un groupe qui est assez enthousiasmant parce qu'ils cherchent à amener la musique contemporaine ailleurs que juste dans son côté scolastique. 


Julien: Il y a aussi un autre projet qui me tient vraiment à coeur, c'est un projet qui s'appelle Vidéophase que j'ai en duo avec Julien Robert qui fait de l'électronique. C'est un spectacle qui relie percussion électronique et vidéo interractif. Je fais toutes les percussions, et lui fait du traitement électronique en temps réel. On essaie de développer un nouveau langage qui est entre la musique et le multimédia. Le visuel interragit, en fonction de ce qui se passe musicalement et inversement. C'est un show de vidéo-musique.  Je crois en ce projet-là, car je trouve que c'est un très bon vecteur pour amener les gens à la musique contemporaine.

On s'entend que la musique contemporaine n'est pas toujours facile d'accès...

Julien: Non, mais je pense que j'ai un rôle de passerelle à faire entre deux mondes et dans les deux sens. Y'a des gens qui sont réticents à ce qui est expérimental, alors que, pour moi, c'est comme un laboratoire scientifique. Tu cherches, tu ne sais pas ce que tu va trouver et tu tombes forcément sur des choses fascinantes, ça t'amène à être plus curieux. On a accès à tellement de choses facilement qu'on n'est plus habitué à chercher. On s'attend même à ce que l'on trouve pour nous c'est comme: "vous avez aimé ça, donc vous allez aimer ça". Ensuite les gens décident à notre place et c'est ça. Tout ça pour dire que je pense que la musique contemporaine a un rôle d'éveil, de "curiositisateur". C'est comme aller dans un restaurant gastronomique, tu ne vas pas forcément aimer les mélanges qui sont faits, mais tu vas forcément découvrir quelque chose de différent. Et plus tu t'habitues à des goûts différents, plus tu vas aller en chercher d'autres après.



Le groupe Sixtrum duquel Julien Compagne fait partie sera en concert vendredi le 13 juin à 19h30  à la Salle Tanna Schulich de l'Université McGill (527, Sherbrooke O. Montréal, Qc) pour le spectacle "K'anchay".



https://www.youtube.com/watch?v=obuCkyNGjj4

http://www.sixtrum.com/fr/spectacle/kanchay/2014/06/13


Aucun commentaire:

Publier un commentaire