Aucun message portant le libellé percussionniste. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé percussionniste. Afficher tous les messages

samedi 14 juin 2014

Retour sur le spectacle K'anchay

 Je ne sais pas pour vous, mais moi je ne sais jamais trop à quoi m'attendre lorsque je vais voir un concert de musique expérimentale. Mais le concept de mélange de vidéo et de musique proposé par le groupe "Sixtrum" a piqué suffisamment ma curiosité pour m'y déplacer et heureusement car quel spectacle!


Il y avait six musiciens, six percussionnistes.


Les instruments utilisés: Quatre pads électroniques, un grand pad avec un clavier genre xylophone électronique joué par deux musiciens et un grand xylophone à l'avant. Les musiciens changeaient de position entre chaque pièce.
Ils ont joué trois pièces, qui étaient chacune précédée par un vidéo de l'auteur qui expliquait le concept de la musique et du vidéo. 

La première pièce s'intitulait "Yutiröp", de Louis Dufort et la musique était excellente. Bien que décrite comme antonale, une mélodie très intéressante se dégageait. Le synchronisme entre les instruments et la vidéo était saisissant. Au début, on pouvait voir sur l'écran 4 rectangles correspondant chacun à chacun des pads électroniques. Les rectangles se sont ensuites transformés en 4 sphères animées. C'était vraiment impressionant, et la musique se développait avec l'animation qui devenait de plus en plus organique. Le vidéo a été remplacé à la toute fin par des images de racines d'arbres.

La 2e pièce "Beat" de Sylvain Pohu était beaucoup plus hard core "glitch métal" que la précédente. Le concept était assez noir: frapper, battre, battre dans des gens. Au début du vidéo, on pouvait voir affiché des définitions de mots et qui passaient très vite de l'unes à l'autres et les images clignotaient, toujours avec la musique. Les vidéos étaient en noir et blanc avec des images un peu diffuses. La saturation de la lumière variait avec les coups de baguettes. Et là il y avait des sons beaucoup plus durs et de la distortion.  C'était une oeuvre difficile, assez intellectuelle, mais vraiment fascinante. 

La 3e pièce,  s'intitulait "K'anchay" de Jean Piché et était composée en trois sections. La première s'appelait "L'Aube", la musique était vraiment bonne, rythmique, plutot douce, sur des images de brumes diffuses et de nuages superposés à des montagnes. La 2e partie, Zénith (ma préférée) était complètement différente, incroyablement rythmique, presque tribale, avec une animation très rapide qui suivait la musique, et une abondance de couleurs à l'écran,  qui ressemblaientt à des formes géométriques qui tournoyaientt. Ça me faisait penser à l'intérieur d'une machine futuriste qui tournoie, rayonnant de mille facettes.  Finalement, la 3e partie, "La Nuit",  était une musique beaucoup plus douce et mystérieuse, avec des ondes et des paysages sonores, des petits bruits électronique qui pouvaient faire penser au bruit des insectes la nuit et une animation qui ressemblait à un nuage de lucioles qui tournaient lentement et sans cesse renouvelé. Ça pouvait aussi évoquer un troubillion de particule organique  sous l'eau,  la nuit, dans des tons de gris, brun, noir et  rouge.
 
Le concert terminé, tous les compositeurs sont venus sur scène et ont été ovationnés. Très bon spectacle! J'ai également beaucoup apprécié la complicité entre les musiciens qui avaient énormément de plaisir sur scène. Je recommande ce specacle chaleureusement!


lundi 9 juin 2014

Julien Compagne, percussionniste et compositeur

Qui n'a jamais voulu taper sur des grosses timbales d'orchestre ou sur une grosse caisse? Il y a deux ans j'ai voulu concrétiser mon rêve de petite fille de taper sur des gros tambours.  J'ai fait la connaissance de Julien Compagne chez Timpano-percussion sur Rachel où j'ai pris un cours de timbale. J'y ai eu aussi l'occasion d'essayer toutes sortes d'instruments de percussion. J'ai voulu en savoir plus sur lui et le métier de percussionniste, j'ai donc repris contact avec Julien.

Interview de Julien Compagne, percussionniste multigenres et compositeur, réalisée au café "Les Empotheuses" de la rue Beaubien, à Montréal.

Qu'est-ce qui t'a attiré à venir au Québec?

Julien: Je suis d'abord venu en échange pour un an. Je voulais découvrir quelque chose de différent. En France, chacun de mes professeurs de conservatoire me disait: "là tu te concentres juste sur une chose et tu feras ça toute ta vie." Je ne pouvais pas par exemple faire de l'écriture tout en étant instrumentiste. Ça a été ça qui a été incroyable quand je suis arrivé ici c'est que là, d'un seul coup, on m'a expliqué que: "ah, tu veux faire du jazz, ah oui, tu veux faire aussi de l'écriture, ben oui vas-y fait!" Ici, les gens sont beaucoup plus polyvalents et cette hybridité correspondait à qui j'étais, je voulais faire plusieurs genres de musiques, sans être obligé d'expliquer pourquoi je voulais faire des choses différentes.

Est-ce qu'il y a un professeur particulier qui t'a marqué?

Julien: Oui, il y a eu plusieurs professeurs dont Robert Leroux qui était professeur de percussion titulaire à l'Université de Montréal et honnêtement si Robert Leroux n'avait pas été dans ma vie, je ne ferais pas de percussion aujourd'hui. Il m'a amené une autre vision de la percussion que je ne connaissais pas.  Il a donc été mon mentor mais pas juste musical, ça a été quelqu'un qui m'a influencé dans la manière de penser, de me découvrir artistiquement.
Après ça y'a eu Louis Carbonneau pour les timbales, c'est quelqu'un qui était obsédé par la sonorité, la manière de faire sonner l'instrument le mieux possible puis il a développé chez moi cette sensibilité, cette manière dont on sculpte le son avec chacun des instruments.
Y'a eu aussi Paul Picard avec qui j'ai étudié les percussions "pop" qui lui était vraiment dans l'arrangement. C'était telle sonorité va bien se marier avec tel instrument, et on va le jouer à tel endroit, parce que si je le joue là, ça va entrer en conflit avec un autre instrument. Donc c'était de rajouter la chose qui manquait là, un peu comme un peintre qui va dire qu'il manque un peu de rouge à tel endroit. Ma préoccupation est donc passée à quelle couleur je peux en tant que percussionniste amener au son de l'artiste.

Est-ce que tu as des projets sur lesquels tu travailles en ce moment?

Julien: Dans la musique contemporaine, il y a deux projets principalement que je fais. Il y a l'ensemble de percussion Sixtrum: c'est l'exploration de la percussion contemporaine sous toutes ses formes, c'est un peu du théâtre, c'est un peu de la musique électronique. C'est un groupe qui est assez enthousiasmant parce qu'ils cherchent à amener la musique contemporaine ailleurs que juste dans son côté scolastique. 


Julien: Il y a aussi un autre projet qui me tient vraiment à coeur, c'est un projet qui s'appelle Vidéophase que j'ai en duo avec Julien Robert qui fait de l'électronique. C'est un spectacle qui relie percussion électronique et vidéo interractif. Je fais toutes les percussions, et lui fait du traitement électronique en temps réel. On essaie de développer un nouveau langage qui est entre la musique et le multimédia. Le visuel interragit, en fonction de ce qui se passe musicalement et inversement. C'est un show de vidéo-musique.  Je crois en ce projet-là, car je trouve que c'est un très bon vecteur pour amener les gens à la musique contemporaine.

On s'entend que la musique contemporaine n'est pas toujours facile d'accès...

Julien: Non, mais je pense que j'ai un rôle de passerelle à faire entre deux mondes et dans les deux sens. Y'a des gens qui sont réticents à ce qui est expérimental, alors que, pour moi, c'est comme un laboratoire scientifique. Tu cherches, tu ne sais pas ce que tu va trouver et tu tombes forcément sur des choses fascinantes, ça t'amène à être plus curieux. On a accès à tellement de choses facilement qu'on n'est plus habitué à chercher. On s'attend même à ce que l'on trouve pour nous c'est comme: "vous avez aimé ça, donc vous allez aimer ça". Ensuite les gens décident à notre place et c'est ça. Tout ça pour dire que je pense que la musique contemporaine a un rôle d'éveil, de "curiositisateur". C'est comme aller dans un restaurant gastronomique, tu ne vas pas forcément aimer les mélanges qui sont faits, mais tu vas forcément découvrir quelque chose de différent. Et plus tu t'habitues à des goûts différents, plus tu vas aller en chercher d'autres après.



Le groupe Sixtrum duquel Julien Compagne fait partie sera en concert vendredi le 13 juin à 19h30  à la Salle Tanna Schulich de l'Université McGill (527, Sherbrooke O. Montréal, Qc) pour le spectacle "K'anchay".



https://www.youtube.com/watch?v=obuCkyNGjj4

http://www.sixtrum.com/fr/spectacle/kanchay/2014/06/13