mercredi 20 août 2014

Jean-Sébastien Leblanc, clarinettiste

Quel était le nom de l'instrument du soliste virtuose et leader de Big Band, de celui que l'on surnommait le roi du swing dans les années 40 et 50, qui fut à la tête d'une des formations ayant eu le plus de succès de l'histoire du jazz et dont aucune faculté de jazz au Québec n'enseigne aujourd'hui l'usage? Vous aurez bien compris, je parlais de la clarinette et de Benny Goodman. En effet, la clarinette figurait de façon proéminente dans plusieurs orchestres swing et de jazz traditionnels. La question que je vous pose est celle-ci: combien y-a-t-il de clarinettiste de jazz au Québec? En fait, on peut les compter sur les doigts d'une seule main. J'en ai rencontré un: Jean-Sébastien Leblanc. Le Café Lézard sur Masson, endroit sympathique bien connu et résidence permanente du groupe Masson Stomp dont fait partie Jean-Sébastien semblait être un lieu tout indiqué pour le rencontrer.

Qu'est-ce qui t'a incité à devenir musicien?

Crédit photo: Renaud Kasma
Au secondaire, ma prof de musique était une super motivatrice. Elle m'a proposé de participer au festival des harmonies de Sherbrooke. J'ai participé et j'ai vraiment aimé ça. Il fallait présenter une pièce devant public. En secondaire 2 je me suis lancé assidument dans la pratique. Je n'avais pas de cours privé, j'étais autodidacte. J'ai participé au concours en secondaire 2 et j'ai gagné le festival, ce qui m'a donné une bourse pour aller dans un camp musical. C'était une révélation pour moi. Ensuite chaque année je participais au festival, je gagnais une bourse et j'allais au camp. En secondaire 5, j'ai fais le choix d'aller étudier en musique.
 
Jazz ou classique? Il faut choisir...

J'ai fais mon DEC au cégep de Sherbrooke en clarinette jazz et classique. Ça m'a posé un dilemme à la fin de mon cégep à savoir ce que je devais faire: étudier en classique ou en jazz.  J'ai fais les auditions  en classique et en jazz et j'ai été accepté dans les deux. Finalement, j'ai choisi le jazz. Je ne l'ai jamais regretté, car mon dada dans la vie c'est l'improvisation. J'ai donc un baccalauréat en interprétation jazz à l'Université de Montréal, ainsi qu'une maîtrise en interprétation. 

Lors de ton cheminement, y-a-t-il eu un professeur ou un musicien qui t'a particulièrement marqué? 

Robert Marcel Lepage est celui qui m'a le plus marqué. Il m'a découvert un peu par hasard, dans un atelier d'improvisation. Puis il s'est mis à m'engager sur des de musiques de film, des spots. Nous avons discutés de mes projets un peu "flyés" d'improvisation contemporaine. Il m'a fait comprendre qu'on peut présenter tout ce qu'on veut aux gens, tant qu'on les prend par la main. On peut par exemple faire accepter à des dames de 70 ans, du free jazz contemporain, et qu'elles soient contentes et exclamatives à la fin. Je suis un peu un "outsider", je n'ai pas eu de prof de clarinette jazz étant donné qu'il n'y en a pas, au Québec. Même si j'ai un parcours académique, il y a beaucoup de choses que j'ai dû développer de façon autodidacte. À ce jour je suis le seul clarinettiste de jazz qui ait fini l'Université de Montréal. Ils n'en n'ont pas accepté d'autres après moi.
 
La clarinette n'est quand même pas un instrument que l'on voit tous les jours. Est-ce qu'il y a des moments où cela t'a occasionné des aventures particulières ? 
Crédit photo: Renaud Kasma

Je me souviens d'une tournée avec Marco Calliari où on est allé jouer au Festival Bout du Monde en Gaspésie. J'étais en même temps en tournée avec le groupe Gadji-Gadjo. Lors du test de son au Festival, j'ai eu un bris sur ma clarinette; le ressort qui tient une clé ne refermait plus. Le ressort était cassé dans l'oeillet, il m'était impossible de tenter une réparation de fortune. Nous sommes en Gaspésie, il n'y a pas de réparateur de clarinette à proximité. J'ai une inspiration soudaine: un joaillier! J'en trouve un à Gaspé. Sur place, en tentant de sortir le ressort, j'ai cassé  un outil du joaillier. J'étais vraiment mal à l'aise. Le festival a continué à faire des recherches pour moi. Ils ont finalement trouvé quelqu'un qui joue de la clarinette "dans le fin fond d'un rang". Je reçois la clarinette oh, désastre, une clarinette bon marché en très mauvais état. Je n'avais pas le choix, c'était ça, ou je ne participais pas au spectacle... Je me suis assis avec l'instrument et j'ai tenté de trouver les meilleures alternatives. Je pense que je n'ai jamais autant travaillé pour un concert. Heureusement le public ne s'est rendu compte de rien. À la fin du show j'étais fier. J'ai gardé cette clarinette pour les 4 shows qui restaient à la tournée. J'ai remercié le propriétaire de la clarinette, j'étais content d'en avoir une dans le fond, mais ça n'a pas été facile. On dit qu'un bon instrumentiste est capable de bien faire jouer un mauvais instrument, il faudrait demander au public qui a écouté. Je raconte souvent cette expérience à mes élèves qui croient pratiquer sur une mauvaise clarinette: "Na na nan... j'en ai vu d'autres!"
 
C'est quoi l'improvisation pour toi? 

Crédit photo: Renaud Kasma
Je pense que l'improvisation c'est de l'écoute, de part et d'autres. C'est une réception, une transformation d'informations puis une extériorisation. Il faut apprendre à voir ce qui est pertinent de dire et quand cela vaut la peine de se taire. C'est un partage avec les musiciens qui sont autour de toi qui te fournissent en matière et toi, tu réagis par rapport à cette matière là, tu as tes idées, les autres vont t'en donner de nouvelles. On ne peu pas le savoir d'avance. C'est un travail d'équipe. La 1ère règle pour moi en musique c'est d'avoir du plaisir. La 2e règle que je dis tout le temps, c'est, si vous voulez en faire une carrière, partagez. Un show, c'est un partage avec le public. Les gens viennent pour être divertis, pour qu'il se passe quelque chose.

Est-ce que les gens sont intéressé à apprendre la clarinette jazz?

Je n'ai pas beaucoup d'élève en clarinette jazz, c'est quelque chose à travailler et à développer. Bien que la clarinette ait été l'instrument par excellence du trad jazz et à la base du swing, à partir de l'ère du be-bop, il y a eu un délaissement au profit du saxophone. La clarinette est rendue méconnue. Je me donne comme mission de faire la promotion de l'instrument, ainsi que de la clarinette basse. Les gens apprécient, j'en suis très heureux.

 Comment fais-tu pour te faire connaître?

Je garde à l'esprit qu'il faut être proactif en tout temps. Si t'es chez toi à attendre que le téléphone sonne, ça devient difficile d'en faire une carrière. Ça prend de la visibilité, du "serrage de main", des contacts. Ce n'est pas vrai que seuls les excellents musiciens travaillent. Les musiciens professionnels doivent avoir une bonne attitude. C'est aussi important que la formation.

J'aime partager la musique qui m'intéresse, avec des gens que j'aime, le style de musique importe moins. Si la musique m'inspire, je peux autant jouer du pop, de la musique de film, que du rock. J'ai toujours préconisé la versatilité: Je joue dans 11 formations,  qui vont de la musique traditionnelle québécoise au jazz en passant par la musique d'improvisation contemporaine. Parfois, je peux être appelé par des artistes de pop  qui ont besoin de clarinette sur leur album. C'est très disparate, et c'est ça que j'aime aussi, ça me permet de pouvoir aller chercher de l'expérience dans d'autres styles, et le bagage que j'ai accumulé me sert énormément.


Vous pourrez voir Jean-Sébastien Leblanc jouer prochainement lors des événements suivants:

Tous les dimanches (ou presque) 19H15 Masson Stomp - Montréal, Café Lézard (sur Masson)

été 2015:

27 juin, minuit, l'Astral, Speakeasy Électroswing
30 juin, 18H, Club Jazz Casino Place SNC-Lavalin, Early Jazz Band
30 juin, 20H, Club Jazz Casino Place SNC-Lavalin, Early Jazz Band
30 juin, minuit, l'Astral, Speakeasy Électroswing
1 juillet, 16H, Lounge Heineken, Early Jazz Band
1 juillet, 19H, Devant le Complexe Desjardins, Early Jazz Band
2 juillet, 19H, Place Confort TD, Masson Stomp
3 juillet, 17H, Place Confort TD, Masson Stomp (NOUVELLE HEURE)
3 juillet, 19H, Place Confort TD, Masson Stomp
4 juillet, 13H, Place des Festivals, Early Jazz Band (+Swing Riot)
4 juillet, 14H10, Place des Festivals, Early Jazz Band (+Swing Riot)
5 juillet, 23H, Bleury Bar à Vinyle, Série Jazz Composer

7 juillet Masson Stomp - Coin St-Sulpice / Notre-Dame - 12h30
9 juillet Early Jazz Band - Parc Baldwin 17h30
15 juillet Duo Leblanc-Voyer - Parc Baldwin 17h30
21 juillet Early Jazz Band - Parc Baldwin 17h30
22 juillet Duo Leblanc-Voyer - Parc Baldwin 17h30


 
Voici la vidéo promotionnelle du groupe Masson Stomp:
 


Voici d'autres liens vers différents groupes dont Jean-Sébastien fait partie:
 

 

1 commentaire:

  1. Although India grew to become a producing hub for automakers worldwide, it was one of many industries that adopted 3D printing in India. Presently, Indian automakers use 3D printing for fast in-house spare - elements design and growth, as well as|in addition to} the adoption of progressive constituents. 3D printing is a complementary know-how to emerging manufacturing technologies that is quickly expanding its presence in extensive range|a variety} of functions worldwide. 3d printing allows for the creation of simple and complicated things in various sizes ranging from small to toilet flapper types large.

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